Étape 5

Etreux – Moÿ de l’Aisne

Passage du livre

Il se cramponna à sa pagaie

La mort tente d'attraper R.L.S sauvé de la noyade par sa pagaie

Peu de temps après notre réembarquement, tandis que j’avançais en tête à bonne distance, toujours rempli d’un noble et triomphant enthousiasme pour le soleil, la rapidité de l’allure et les cloches d’église, la rivière àun tournant brusque, allongea une de ses serres de fauves, et j’aperçus un autre arbre tombé à la portée d’un jet de pierre(….) L’arbre m’accrocha par la poitrine, et, tandis que, j’essayais encore de m’aplatir et de forcer le passage, la rivière me tira l’affaire des mains et m’enleva de mon bateau. L’Aréthuse vira sur elle-même, dériva, se coucha sur le flanc, se débarrassa de tout ce qui pouvait encore rester de moi à bord, et, ainsi délestée, fila...... J’ignore combien il me fallut de temps pour me hisser, non sans peine, sur l’arbre auquel j’étais resté accroché mais ce fut plus long que je ne l’eusse souhaité. (…) Aussitôt que je parvenais à soulever mes épaules, la violence du courant me tirait par les talons. Et il me semblait, d’après leur poids, porter toutes les eaux de la rivière dans les poches de mon pantalon.(…) Et toujours, je m’accrochais à mon aviron. (…) Sur ma tombe, si jamais j’en ai une, je veux qu’on grave ces mots : « Il se cramponna à sa pagaie.» En canoë sur les rivières du nord, récit traduit par Léon Bocquet

La crue de l'Oise

La pluie a arrosé les deux compagnons quasiment tous les jours et la rivière s'est mise à gonfler.

Des pluies persistantes avaient gonflé la riviere. Elle coulait, sur tout le parcours de Vadencourt à Origny avec une rapidité accrue, reprenant force neuve à chaque kilomètre, et courant comme si elle sentait déjà la mer. Extrait de En canoë sur les rivières du Nord Traduction de Léon Bocquet édition Actes Sud